Je suis sur Pause. Le monde continue de vivre, oui, mais moi je reste sur Pause. C'est un Arrêt momentané. Du coeur, de l'esprit, du souffle, de la vie. Je m'arrête car je ne puis plus avancer. C'est ma faute, car tout est toujours de ma faute. Je décide de chacun de mes pas, même inconsciemment. Courir n'est plus pour moi, j'ai perdu mon souffle, je traîne, je me traîne derrière tous les Autres, & rien ne va, car je n'arrive plus à rattraper mon retard. J'voulais prendre un raccourci, mais au final je me suis perdue. Des fois j'essaye de revenir sur mes pas pour mieux comprendre ce connard de plan mal fichu & de reprendre le bon chemin. Mais des fois je me plaîts dans cette bourgade de cul-de-sac & je reste plantée là à me demander où aller au prochain carrefour, pour mieux me perdre encore. J'essaye d'y aller à l'aveugle, au pif, le hasard fait bien les choses, dit-on. Alors oui, mes pieds s'enlisent, je m'enfonce & je me perds, tout ce chemin devient un véritable labyrinthe, la carte reste paumée depuis longtemps, mais c'est cette aventure que j'ai choisi, cette route là, alors je continue. J'me demande où je finirai au final. J'me demande si au point d'arrivée je vais retrouver tous les Autres participants ou si c'est une autre sortie que je prendrai. Mais pour l'instant j'm'en fiche. Je suis heureuse dans toute la tristesse que je me suis construite. Je vais mal & ça va. Parfaitement. Je suis vidée. Ce doit être qu'une passe parce que ça dure jamais longtemps, c'est comme un peintre qui ne saurait plus quoi dessiner, un jour, la douleur revient, & là, tout ira. Mais là je suis vidée. Je me retrouve une nouvelle fois devant une page blanche à compléter. Une barre noire clignote sans arrêt.